Introduction
L’incontinence urinaire d’effort (IUE) est une problématique fréquente rencontrée par les sages-femmes et les kinésithérapeutes, notamment en postpartum, à la ménopause ou après certaines interventions chirurgicales.
Si la rééducation périnéale par pelvic floor muscle training (PFMT) reste le traitement de référence, une question persiste en pratique clinique :
👉 comment améliorer l’adhésion des patientes et les résultats à long terme ?
Dans ce contexte, le Pilates apparaît comme une approche complémentaire prometteuse.
Incontinence urinaire d’effort : limites de la prise en charge classique
L’IUE correspond à une fuite involontaire d’urine lors d’une augmentation de la pression intra-abdominale (toux, rire, sport, port de charge).
Le PFMT est aujourd’hui largement validé pour améliorer les symptômes. Cependant :
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L’adhésion des patientes est souvent insuffisante
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Les exercices sont perçus comme répétitifs
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Les bénéfices peuvent diminuer à long terme
👉 Cela ouvre la voie à des approches complémentaires plus engageantes.
Pourquoi intégrer le Pilates en rééducation périnéale ?
Le Pilates repose sur un travail global du corps intégrant :
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le plancher pelvien
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le transverse abdominal
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le diaphragme
Cette synergie musculaire est particulièrement intéressante en rééducation pelvi-périnéale.
Lors de l’expiration :
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activation du transverse
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contraction du plancher pelvien
Lors de l’inspiration :
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descente diaphragmatique
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relâchement périnéal
👉 Ce fonctionnement coordonné favorise un meilleur contrôle lombo-pelvien et une meilleure gestion des pressions.
Que dit la littérature ? Analyse d’une étude sur le Pilates et l’IUE
Une étude pilote menée sur des femmes âgées de 45 à 70 ans a évalué l’impact d’un programme de Pilates axé sur le renforcement du plancher pelvien :
➡️ Protocole :
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Durée : 12 semaines
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Fréquence : 2 séances par semaine
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Travail en groupe
➡️ Résultats :
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Diminution significative des scores d’incontinence (ICIQ-SF)
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Réduction de la fréquence et de la quantité des fuites
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Amélioration de l’impact sur la vie quotidienne
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Maintien des résultats à 6 mois
👉 L’adhésion au programme était également élevée, y compris après l’intervention.
Un levier clé : l’adhésion des patientes
L’un des apports majeurs du Pilates réside dans son potentiel d’engagement :
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Format souvent proposé en groupe
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Dimension dynamique et variée
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Meilleure appropriation corporelle
👉 Contrairement aux exercices isolés du périnée, le Pilates s’intègre dans une logique fonctionnelle et globale.
Quelles limites ?
Comme toute étude pilote :
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Petit échantillon
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Absence de groupe contrôle
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Niveau de preuve encore limité
👉 Ces résultats doivent être confirmés par des études de plus grande ampleur.
Application pratique pour les sages-femmes et kinésithérapeutes
L’intégration du Pilates peut se faire :
✔ En complément de la rééducation périnéale classique
✔ En phase d’entretien ou de prévention
✔ Dans des prises en charge de groupe
✔ Chez les patientes en recherche de solutions plus dynamiques
👉 Il ne remplace pas le PFMT, mais enrichit la stratégie thérapeutique.
Se former pour intégrer le Pilates en pelvi-périnéologie
L’utilisation du Pilates en rééducation nécessite :
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une compréhension fine de la biomécanique périnéale
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une adaptation aux profils (postpartum, sportives, ménopause…)
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une progression sécurisée des exercices
Chez PelviSanté, nous proposons des formations dédiées aux sages-femmes et kinésithérapeutes pour :
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intégrer le Pilates dans votre pratique
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améliorer l’adhésion des patientes
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optimiser vos résultats en rééducation pelvi-périnéale
Conclusion
Le Pilates apparaît comme une approche complémentaire pertinente dans la prise en charge de l’incontinence urinaire d’effort.
En favorisant l’engagement des patientes et en intégrant un travail global du corps, il constitue un outil intéressant pour les professionnels de santé souhaitant enrichir leur pratique.
1 commentaire
Bonne mise au point. Sur la récupération active, le Pilates est sous-
exploité par les sportifs amateurs. Une séance hebdomadaire en
complément d’un sport plus intense aide à prévenir les blessures de
sur-utilisation, surtout au niveau des hanches, du bassin et des
épaules. Et c’est plus efficace que les étirements passifs sur le long
terme.
Sophie – https://francepilates.com/