Rééducation périnéale post-partum : repenser la collaboration entre sages-femmes et kinésithérapeutes

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La rééducation périnéale est aujourd’hui un pilier du suivi post-natal. En France, elle repose sur deux professions : les sages-femmes et les kinésithérapeutes.

Mais comment les patientes s’orientent-elles ? Et que nous dit la littérature sur leurs attentes ?

Une étude récente (Brocard et al., 2024) apporte un éclairage intéressant sur ces questions et invite à repenser notre organisation des soins.

Ce que montre l’étude

L’étude met en évidence un fait marquant :

👉 La majorité des femmes se tournent vers les sages-femmes pour leur rééducation périnéale post-partum (≈ 80 %)

Ce choix semble guidé par plusieurs facteurs :

  • continuité du suivi grossesse → post-partum
  • relation déjà établie
  • accessibilité

Mais au-delà du choix du professionnel, ce sont surtout les attentes des patientes qui méritent notre attention.

Une attente centrale : une prise en charge globale

Les résultats qualitatifs sont particulièrement parlants.

Les femmes n’attendent pas uniquement :

  • un renforcement musculaire
  • des exercices périnéaux

Elles expriment un besoin de :

  • compréhension de leur corps
  • accompagnement dans la récupération
  • écoute et relation thérapeutique
  • conseils sur la reprise du sport, de la sexualité, du quotidien

👉 Autrement dit, la rééducation périnéale est perçue comme un temps de reconstruction globale, et non comme un acte technique isolé.

La place des sages-femmes

Les sages-femmes apparaissent comme des actrices clés du post-partum précoce :

  • elles assurent une continuité du suivi
  • elles sont identifiées comme référentes du post-natal
  • elles proposent une approche souvent perçue comme globale et accessible

Cette position explique en grande partie leur rôle de porte d’entrée dans la rééducation périnéale.

La place des kinésithérapeutes

Les kinésithérapeutes disposent d’un champ d’expertise complémentaire :

  • prise en charge des troubles persistants
  • approche plus spécifique des douleurs pelvi-périnéales
  • intégration fréquente de la rééducation abdominale et fonctionnelle
  • prise en charge au-delà du post-partum (sportives, troubles chroniques…)

👉 Ils interviennent souvent :

  • en seconde intention
  • ou dans des situations nécessitant une prise en charge plus spécialisée

Une organisation encore peu étudiée

L’étude souligne un point important :

👉 Il existe peu de données sur les critères de choix des patientes entre sages-femmes et kinésithérapeutes

Cela pose plusieurs questions :

  • Comment orientons-nous les patientes ?
  • Sur quels critères ?
  • Existe-t-il une véritable coordination ?

Vers une logique de complémentarité

Les résultats invitent à dépasser une vision “concurrentielle” des professions.

La question n’est pas : qui doit faire la rééducation ?
Mais plutôt : comment organiser une prise en charge cohérente ?

Une approche complémentaire pourrait s’articuler ainsi :

  • Sage-femme :
    • bilan initial
    • rééducation de première intention
    • accompagnement global du post-partum
  • Kinésithérapeute :
    • prise en charge spécialisée
    • troubles persistants ou complexes
    • approche fonctionnelle approfondie

Enjeux pour la pratique

Cette réflexion soulève plusieurs enjeux majeurs :

1. Mieux définir nos rôles

Clarifier les champs de compétence permet :

  • d’éviter les redondances
  • d’optimiser le parcours de soins

2. Améliorer l’orientation des patientes

Aujourd’hui, elle repose souvent sur :

  • le hasard
  • l’habitude
  • la proximité

👉 Une orientation plus structurée améliorerait la pertinence des prises en charge.

3. Développer la collaboration interprofessionnelle

Cela peut passer par :

  • échanges entre professionnels
  • protocoles communs
  • formations croisées

Conclusion

La rééducation périnéale post-partum est à la croisée de plusieurs approches : médicale, fonctionnelle, éducative et relationnelle.

L’étude de Brocard et al. met en lumière un point essentiel :

👉 Les patientes attendent une prise en charge globale et cohérente

Ce constat invite à renforcer :

  • la coordination entre sages-femmes et kinésithérapeutes
  • la complémentarité des pratiques
  • une vision centrée sur les besoins réels des femmes

Ouvrir la réflexion

Et si la question n’était plus :

👉 Qui fait la rééducation périnéale ?

Mais plutôt :

👉 Comment mieux accompagner les femmes, ensemble ?

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